Mr. Vrac fait travailler les bactéries et les enzymes

Une ancienne usine de Drummondville n’est pas un lieu particulièrement invitant, mais Mr. Vrac risque de faire changer d’avis les plus suspicieux. Le nouveau commerce, qui offre des produits nettoyants en vrac à petit prix, séduit par son ambiance rustique, l’ingéniosité de son aménagement et son concept « zéro déchet ».

Israël Poulin est le propriétaire de Mr. Vrac. Il n’en est pas à ses premiers faits d’armes à titre d’entrepreneur. Actuellement exportateur de viande pour les Caraïbes, il souhaitait importer des produits originaux pour les consommateurs d’ici. Comme il connaît bien le milieu de l’entretien ménager, il a eu l’idée d’offrir aux entreprises des produits écologiques efficaces et à bas prix.

C’est lors d’un voyage en France qu’il a découvert les laboratoires HTS Bio. « Ce sont des produits qui ne contiennent aucun élément chimique et qui sont sans danger pour la santé », raconte l’homme d’affaires de 35 ans.

« Leur efficacité provient de la biotechnologie, c’est-à-dire qu’ils contiennent des bactéries ou des enzymes qui agissent à certains niveaux comme pour détruire des odeurs ou éliminer la graisse. » – Israël Poulin, propriétaire de Mr. Vrac

Pour s’assurer de la qualité de ce qu’il offrait, M. Poulin a cogné aux portes des entreprises environnantes de Drummondville : restaurants, garderies, usines, etc. Il leur a demandé de tester les produits. « Nous sommes allés nettoyer une usine de 16 000 pieds carrés avec seulement un produit. Les résultats ont été impressionnants, et cela s’est répété partout où nous sommes allés », raconte M. Poulin.

UNE PREMIÈRE BOUTIQUE

La réponse des clients potentiels a donc été positive. Depuis les 18 derniers mois, nombre d’entre eux se procurent désormais leurs produits nettoyants auprès d’Israël Poulin.

De fil en aiguille, l’entrepreneur s’est fait maintes fois interpeller par des consommateurs désireux d’obtenir ses produits. « Le marché est prêt pour les produits écologiques. Il faut s’en aller dans cette direction, et les consommateurs le demandent. »

En janvier dernier, il a donc mis sur pied sa première boutique ouverte au public.

UN SUCCÈS SANS PUBLICITÉ

Preuve que le concept plaît, depuis son ouverture, la boutique ne dérougit pas, à la grande surprise de l’entrepreneur. « Je n’ai fait aucune publicité, uniquement Facebook, et ça fonctionne super bien », constate M. Poulin.

Mr. Vrac offre 18 produits, comme du lave-vitre, du savon à linge, un dégraisseur, etc. Les clients peuvent se procurer des bouteilles ou apporter leur propre contenant. Ensuite, il suffit de choisir un produit et remplir soi-même un contenant grâce à une pompe installée sur un des barils de 205 litres.

« Les gens sont ouverts, les commentaires, super positifs. Les consommateurs veulent de bons produits et vivre une expérience, et c’est ce qu’ils retrouvent ici. » – Israël Poulin

Certains produits qu’offre Mr. Vrac sont exclusifs, d’autres peuvent se dénicher dans des boutiques spécialisées, mais à des prix nettement supérieurs. « J’ai vu d’autres boutiques vendre un produit que je tiens trois fois plus cher que ce que je demande. À titre d’importateur, j’ai le loisir de prendre des marges raisonnables. Ma priorité est la satisfaction totale du client, et le prix y est pour beaucoup. »

Israël Poulin ne manque pas d’idées pour faire croître son entreprise. Dans un avenir proche, il songe à intégrer une application pour téléphones intelligents. Il souhaite aussi introduire un volet alimentaire à sa boutique et ouvrir d’autres points de vente un peu partout dans la province. « J’ai neuf phases de développement en tête, mais pas question de brûler des étapes. »

FORCES DE LA RÉGION

« Drummondville est bien située géographiquement. C’est un lieu dynamique avec une belle croissance et une diversité d’entreprises. Autre avantage, les loyers sont à prix raisonnables. »

– Israël Poulin

DÉFIS DE LA RÉGION

« Nous sommes à l’air des objets connectés, et je veux être innovateur du côté technologique. Sur ce point, les entrepreneurs de la région ont du rattrapage à faire. »

– Israël Poulin